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Documentaire de la BBC ‘The Third Tower’ - Approche critique.
Le réalisateur est-il tombé dans le piège ?
ir Jean-Luc Guilmot - 31 juillet 2008
Révisions 1: 10/09/08 (§17) - 18/09/08 (mort du témoin Barry Jennings)
NOTE : Pour lire
ce document à votre aise, avec illustrations et mise en page
plus élaborée, vous pouvez imprimer le fichier ci-joint :
Ce documentaire d’une heure présenté par la BBC le 6 juillet 2008 a le mérite
de mettre pour la première fois le débat sur la place publique. En
offrant la parole tant aux opposants qu’aux tenants de la thèse officielle,
il donne au spectateur non averti un sentiment de professionnalisme
et d’impartialité. Pour autant peut-on réellement parler de journalisme
d’investigation impartial ?
Au cours de la première moitié du film, sont présentés de nombreux
éléments troublants, des commentaires et des arguments remettant
en cause la version officielle de l’effondrement du WTC7 .
Parmi ceux-ci, citons brièvement :
- Richard Gage (président
de ae911truth.org): “WTC7 is the smoking gun
of 9/11”
- Barry Jennings : Témoin clé du WTC7 du fait de sa présence dans
le bâtiment 7 toute la matinée [entre environ 9:00 et 12:00],
il a été
témoin de plusieurs explosions à l’intérieur du bâtiment [NDLR
: pour rappel la première tour s’est effondrée vers 10.00.]. 18/09/08 : Barry Jennings, 53 ans, est mort dans des circonstances non encore élucidées aux alentours du 19/08/08. Son décès intervient après le « suicide » le 30/08/08 de Kenny Johannemann, un autre témoin de bruits d’explosions dans les tours du WTC. (http://www.infowars.com/?p=4602).
- Steven Jones (professeur de physique, sjt911.org) : "Nous
posons des questions. Nous sommes en attente de réponses."
- Dylan Avery : “Three words : money, power and control, that’s really
what it comes down to.”
- Dylan Avery : « Vous aviez le plus grand bureau opérationnel de
la CIA et un certain nombre d’agences gouvernementales à l’intérieur
du
bâtiment. Alors automatiquement, pour un certain nombre de gens,
y compris moi-même, c’est suffisant pour au moins froncer les sourcils.
»
- Un extrait du film 911 Mysteries fait une brève allusion
à l’un des mobiles possibles du crime : la destruction
de ce qui aurait
pu servir
de centre de contrôle des attentats.
- Narrateur : D’autres pensent que le gouvernement voulait
également détruire des dossiers clés liés à des fraudes
financières. Après
son l’effondrement destruction, une équipe de la CIA
a été dépêchée sur
les lieux pour fouiller les débris à la recherche de
documents secrets.
- Narrateur : C’était la 3e tour à s’effondrer ce jour-là
mais sa destruction n’a jamais été mentionnée dans
le rapport de la Commission
d’enquête
sur le 11 septembre. Et la première enquête officielle
[FEMA, avril 2002] sur la tour 7 a été incapable de
déterminer ce
qui a causé
son effondrement.
- Dylan Avery : « Quoique vous pensiez à propos de ce qui s’est passé
en réalité avec le bâtiment, cela ressemble à une démolition contrôlée.
Et autant que je sache, c’est la première fois que cela arrive dans
l’histoire de l’architecture : un gratte-ciel en acier s’est effondré
simplement du fait de dommages dus au feu.»
- Richard Gage : « C’est l’exemple le plus évident de démolition
contrôlée à l’aide d’explosifs. Il s’agirait ainsi d’un fait unique
dans l’Histoire
de l’Architecture. »
- Narrateur : Tout l’acier du WTC7 a été éliminé
et expédié en Asie pour être fondu (notamment pour
la
construction
d’un nouveau navire
de l’US Navy). [NDLR : Cela a donc empêché toute
investigation criminologique ultérieure].
- Narrateur : Le système d’alarme contre le feu était
en test (donc hors fonction) le matin du 11 septembre.
- Extrait radio de contrôleurs du ciel avec une
brève allusion [bien que hors sujet vis à vis
du WTC7]
à la controverse
des exercices
militaires organisés le 11 septembre ayant entraîné
la confusion des contrôleurs
du ciel : « is it real world or exercice ? »
- Barry Jennings : est un témoin clé notamment
d’une explosion au 6e étage, puis d’autres explosions
au-dessus
du 8e étage
(avant même
la
chute de la première tour, bien que la structure
du documentaire soit assez (volontairement ?)
évasive sur le timing.
- Narrateur + Richard Gage : Il existe plus de
100 exemples d’incendies de buildings à structure
en
acier qui n’ont
jamais conduit à un effondrement
complet et certainement pas à la vitesse de
la chute libre (ex. Philadelphia (1991) : 18 heures
de feu
; Madrid (2005),
32 étages avec acier non
protégé contre le feu, 24 heures de feu, effondrement
partiel ; WTC7 (2001) : building entièrement
protégé contre le
feu à 2-3 heures,
moins de 7 heures d’incendie effondrement total
en 6,5 secondes).
- Les expériences de Cardington (Angleterre,
vers 1995) de résistance à l’incendie de
buildings à
structure d’acier à plus de 1000°C (bien
plus chaud que WTC7) ont abouti à la conclusion
que les bâtiments
à structure d’acier sont bien plus résistants
que ce
que l’on pensait précédemment.
- Richard Gage : « Si l’histoire officielle est vraie, alors comme
les normes existantes de bâtiments sur base desquelles des milliers
de buildings sont construits exigent de retards au feu de 2 à 3 heures,
il y a un sérieux problème. »
- Narrateur : Les principaux incendies
ont eu lieu entre les étages 6 et 13, à
l’exception
du 10.
- Scott Grainger (Ingénieur Protection
contre le Feu). « Les incendies
n’étaient pas sévères. Ils n’étaient pas actifs à tous les étages
simultanément. Ils étaient éparpillés à différents étages. Au fur
et à mesure qu’ils
avaient brûlé, ils ont certainement chauffé une partie de l’acier
à certains endroits. Mais ensuite, lorsqu’ils évoluent, lorsqu’ils
ont
brûlé les combustibles présents - les chaises, les bureaux, les papiers
– alors il n’y a plus de sources de chaleur. »
Fig.1. Les expériences de Cardington, en Angleterre
Fig. 2. Incendie au 6e étage
- Barry Jennings est resté coincé pendant 3 heures
(donc entre environ 9:00 et 12:00). Un officier de police vient vers
lui
et lui dit « You have to run. (…) Because we have reports of more
explosions”.
- Commandant Peter Hayden (Deputy Chief of the NYFD) : Vers 12:20,
« Nous avions des appréhensions quant à la possibilité d’effondrement
du building. Nous avons eu une discussion avec un ingénieur en
particulier à qui nous avons posé la question : si nous laissons
le bâtiment brûler,
est-ce que nous pourrions anticiper un effondrement et dans ce
cas, dans quel délai ? Celui-ci a indiqué avec précision : “Vous
avez à
peu près 5 heures”. [Pour rappel : il n’existe dans le monde
AUCUN antécédent d’effondrement par le feu d’un building à structure
d’acier].
- Larry Silverstein : Référence est faite à la fameuse interview
du propriétaire des lieux qui utilise le terme “Pull it” à
propos du WTC7
(suivies d’explications confuses à ce propos).
- Richard Gage : « Je demande à chaque téléspectateur de tirer ses
propres conclusions vis à vis des propos de Larry Silverstein. Mon
propre point de vue : il a pris part à la décision. Mais cela reste
spéculatif. »
- Narrateur : Référence est faite au contrat d’assurance
de 3,9 milliards de dollars de Larry Silverstein (sans s’appesantir
sur le fait que
L.S. a négocié un doublement du dédommagement du fait qu’il
y
avait eu une double attaque terroriste ; et qu’il a obtenu
gain de cause
à 50%).
- Richard Gage : « Il s’agit d’un effondrement à la vitesse de la gravité,
symétrique, dans ses fondations. Les buildings qui tombent de façon
naturelle s’effondrent selon le chemin de moindre résistance. Ils ne
tombent pas tout droit sur eux-mêmes.»
- Narrateur : Le WTC7 est un grand building de 47 étages,
chacun de la taille d’un terrain de football. (…) Il
y avait 81
colonnes : 57 en
périphérie, 24 au centre.
- Richard Gage : « Toutes les colonnes ont du être enlevées en même
temps. Un incendie est incapable d’aboutir à cela. Une démolition contrôlée
oui. »
- Kamal Obeird (ingénieur structures) : « La probabilité de survenance
d’un tel évènement ? C’est une impossibilité. »
- Danny Jowenko, un expert en démolition contrôlée
hollandais, avec 28 ans d’expérience qui a déclaré
spontanément après
avoir visionné
la vidéo : « C’est une démolition contrôlée… absolument. Cela a été
implosé. C’est un job sous mandat réalisé par une équipe d’experts.
»
- Steven Jones : Analyse de traces de thermite [substance
chimique utilisée pour la découpe rapide de l'acier
à des températures
inférieures à la fusion] dans les poussières du WTC
(comparables à des analyses
d’ADN), notamment sur base d’un échantillon prélevé
20 minutes après l’effondrement. Le thermite produit
des
sphères de
fer fondu (oxyde
de fer + aluminium) qui ne peuvent être créées qu’à
des températures très élevées.
- Rapport de la NASA : les températures de surface
autour du WTC7 le 16/11/2001 (soit 5 jours après)
étaient toujours
très
élevées (727°C).
- Rapports de métal chaud rouge dans les débris.
- Steven Jones insiste sur
le timing de l’échantillon (20 minutes après l’effondrement) et
la présence
d’aluminium dans ces microsphères
(et
donc l’impossibilité que ce fer provienne de
la découpe ultérieure
de l’acier lors de l’évacuation). Il mentionne
également la présence de fragments rouges (red chips), un indice
de thermite
non consumé
(de qualité très fine).
- Steven Jones indique qu’il est possible de
couper de l’acier avec du thermite sans grandes
explosions
(bruyantes).
Il
fait référence
à des formulations secrètes de thermite («
superthermite ») qui ont des propriétés particulières. Le thermite
peut être
formulé
pour brûler
rapidement ou lentement. Il insiste sur le
simple
fait que le superthermite existe bel et bien.
- Richard Gage : « Mark Loizeaux (de la firme Controlled Demolition
Inc) n’est pas un observateur impartial du fait de sa richissime clientèle.
Pour ne pas contrarier une bonne partie de sa clientèle, il ne peut
s’exprimer ouvertement et envisager qu’il puisse s’agir de démolition
contrôlée. »
- Richard Gage : insiste encore une fois
sur la vitesse de la chute libre et sur la
symétrie
de
l’effondrement,
l’élément
CENTRAL
et le
plus évident confirmant l’hypothèse de la
démolition contrôlée.
- Dylan Avery : « Je me fiche de l’expérience de 30 ans de Richard
Clarkee. C’est une personne du système. Bien sûr qu’il ne va pas vous
raconter ce genre de choses. »
Malgré l’ouverture de cette brèche dans le silence médiatique
entourant cet événement clé du 11 septembre, le reportage souffre de
très nombreux biais. En définitive, il nous apparaît clairement construit
en soutien de la thèse officielle, qu’il soutient sans ambages dans
sa conclusion.
Voici une brève liste des principaux pièges dans lequel le réalisateur
s’est laissé enfermer.
1. Ton de l’introduction. Les deux extraits dans l’introduction
des représentants de la version officielle jouent sur des tableaux
très discutables : l’émotionnel et le péremptoire.
- Emotionnel : Mark Loizeaux (Directeur de Control Demolition Inc):
“It hurts when you are being accused of mass murder”.
- Péremptoire : Richard Clarke (Conseiller en contre-terrorisme du
président Bush) : “Could one use control demolition on any building
? Sure. Did it happen on building 7 on 9/11 ? No it did not.”
2. Structure du reportage. La première moitié du film donne largement
la parole aux contradicteurs. La seconde partie aux tenants de la
thèse officielle. Il n’y a pas débat impartial mais bien pseudo-débat.
C’est
une technique couramment rencontrée dans les médias sur des sujets
controversés.
3. Commentaire émotionnel du Commandant des pompiers Daniel Nigro
(22:20). « There is no conspiration : me to be part of that of
that would be
obscene. It disgusts me to even think of it”. Technique de l’indignation
: "jamais
une chose pareille ne serait possible"). Mais surtout, le mouvement pour la vérité n’émet jamais pas l’hypothèse que
des éléments des corps de pompiers aient été impliqués dans le
processus de décision. Cette perspective tend à présenter ce tenant
de la thèse
officielle comme une victime.
4. Témoignage partiel de Barry Jennings. En n’insistant pas sur
le timing de la présence de Barry Jennings dans le bâtiment
peu après
son évacuation (« le café était encore fumant » : il est donc
peu après 9:00 , soit une heure avant l’effondrement de la première
tour), le
réalisateur sème la confusion sur l’origine interne des explosions
dans le WTC7. Le témoignage non édité est le suivant : « Au
6ème étage, le palier sur lequel nous nous tenions avait cédé,
il
y
avait eu une
explosion et le palier avait cédé, je me suis retrouvé là,
suspendu en l’air. J’ai dû regrimper et remonter au 8ème. L’explosion
s’est produite en dessous de moi… alors quand ça a explosé, ça
nous a
projetés en arrière… les deux buildings (les Tours jumelles)
étaient encore
debout. Je suis resté coincé là des heures. J’y étais encore
coincé quand les tours se sont effondrées. Pendant tout ce temps,
j’entendais
toutes sortes d’explosions. (…) Une chose me laisse fort perplexe…
pourquoi en réalité le WTC 7 est tombé tout court – ça me laisse
vraiment perplexe. Je sais ce que j’ai entendu : j’ai entendu
des explosions. Je suis un ancien chauffagiste, si c’était
une cuve de fuel, seul un
côté du bâtiment aurait été touché. »
5. Michael Hess. Le réalisateur ne fait aucune mention du deuxième
témoin : Michael Hess, Directeur général de Giuliani Partners
qui était également présent avec Barry Jennings.
6. Scripts des médias (BBC, CNN) (22:24). L’information est
donnée que la dépêche erronée de l’effondrement du WTC7
venait de l’agence
Reuters qui elle-même l’avait reçue d’une « local news
story ». Mais toutes les nouvelles de ce jour étaient des nouvelles
« locales
»
! Il est fort dommage que le réalisateur n’ait pas cherché
à remonter à la source de cette information. Il n’y a pas
eu de
travail d’investigation
sur ce point qui pourrait être crucial. C’est une grave
lacune.
7. « Vue non partagée par d’autres experts en démolition
contrôlée » (27:25) Le terme experts est utilisé de façon
fallacieuse
au pluriel alors qu’un seul expert est en définitive
interrogé. De plus cet
expert peut difficilement être considéré comme impartial
compte tenu de son
type de clientèle. Comment peut-on juger que « most controlled
experts disagree”, quand on sait par ailleurs que quelques
500
ingénieurs
remettent ouvertement en cause la thèse officielle ?
8. Inspecteur en chef Corley (31:50). Absence d’esprit
critique du réalisateur face à la recherche effective
d’indices de démolition
contrôlée. « We found no evidence of controlled demolition.” Question : “And you looked for it ?“. Réponse : “ Yes
we did “. Cette réponse
est acceptée comme telle sans aucune distance critique.
C’est une grave lacune qui fait perdre tout son poids
à cet argument
officiel,
quand
contrairement à une démarche scientifique digne de
ce nom, la simple hypothèse de démolition contrôlée n’est
pas du
tout prise
en compte
dans les rapports officiels intermédiaires.
9. Explications alternatives pour les sphères contenant
du fer (35:30). Le narrateur attribue la présence
de microsphères à
d’autres causes
que le thermite : les découpes de l’acier lors de
l’évacuation ou des contaminations d’autres travaux de bâtiments
préalables au 11/9.
Mais
comme déjà mentionné, selon Steven Jones, cela n’explique
pas la présence d’aluminium, ni la présence de fragments
rouges
(thermite non consumé
?), ni le fait que l’échantillon ait été prélevé
20
minutes après l’effondrement.
10. Formule oratoire de Mark Loizeaux : « I don’t
see how this is possible. I have never seen any
use of
a material
that would
melt
steel. ». Un
observateur non averti peut se laisser abuser par
cette prise de position venant d’un expert. Il
y a une différence
entre
prétendre que c’est
impossible ou quasiment impossible et dire : je
ne vois pas comment c’est possible. A noter que par
extension Loizeaux accepte l’idée
que le thermite n’est pas suffisamment précis pour
permettre
un
effondrement d’une structure d’acier de ce type…
mais que les feux le seraient.
11. Spéculations plutôt hasardeuses de Mark Loizeaux : « Je présume que l’on peut continuer longtemps
avec des "et
si ?, et si ?". Ce n’est tout simplement pas réel. La technologie n’est simplement pas là.
Si elle existait, je le saurais ». Steven Jones
dément préalablement formellement le fait que
cette technologie n’existe pas. Elle
n’est simplement pas utilisée dans le privé.
Richard Gage ajoute que Mark
Loizeaux est loin d’être un expert impartial,
en fonction de sa position (ce que par ailleurs
Jowenko aux Pays-Bas avait déjà
suggéré dans une
autre interview).
12. « Des nouveaux indices » (38:20). Richard
Ratens (Deputy Director, Office of Emergency
Management)
relate des dommages
importants
à l’intérieur du WTC7. "You
could see columns gone. Heavy smokes and
fires. We could hear the building creak
above us. You
could hear the fire burning.
Columns hanging. Holes
in the floor up above us. An elevator blown
out”. Cette description est émotionnelle.
Elle décrit
une situation d’explosions et d’incendies.
Elle n’ajoute rien quant à l’origine éventuelle
de ces évènements.
13. Interview de Steve Spak, photographe,
qui relate un grand trou dans le building
sur le
côté Sud
qui semblait venir
du 12e ou du
14e étage. La photo est vague et n’apporte
par grand chose.
Il parle de « Smoke on a lot of floors. To me it’s
an indication of extremely heavy fires
conditions
and dangerous
fire conditions”.
La
fumée à de nombreux
étages ne veut pas dire grand chose (par
définition, la fumée monte!). Le ton
est très émotionnel
(« extremely heavy fire
», « dangerous
»). Quelle que soit son expérience de
photographe, cela reste le point
de vue d’un photographe et non d’un ingénieur
en structures qui sait par ailleurs pertinemment
bien
qu’un feu qui
produit
une
épaisse fumée est un feu qui manque d’oxygène
et qui n’est donc pas « extrême
»,
et certainement pas extrêmement chaud.
Fig. 3. Nouvelles photos montrant l’étendue
des dommages
Fig. 4. Gros plan de l’incendie entre
les 6e et 8e étages
Fig. 5. Fumées, peu de flammes, dégâts
limités
Quelle que soit la direction de la fumée – venant ou non
de l’intérieur du WTC7 – on ne voit que très peu de flammes, la fumée
est claire et les dommages restent limités.
14. Controverse sur l’interview de Barry Jennings et les
victimes éventuelles du WTC7 (46:00). Le réalisateur choisit d’insister
sur cette controverse
entre Barry Jennings et Dylan Avery. En soi, c’est un point relativement
mineur vis à vis de l’hypothèse même de la démolition contrôlée,
bien que ces victimes puissent constituer un autre élément confirmant
les
explosions suspectes à l’intérieur du WTC7 rapportées par Jennings
avant l’effondrement de la première tour et qu’elles contredisent
encore un peu plus la version officielle. Le réalisateur fait heureusement
écouter l’enregistrement sonore de l’interview de Barry Jennings
qui
confirme que les propos n’ont pas été déformés ou sortis de leur
contexte : "And
firefighters took us down and kept saying, do not look down ? And
I kept saying: why? Do no look down. And we’re stepping over people.
And you know you can feel when you step over people." Des recherches complémentaires devraient confirmer cette hypothèse. Il faut
pour cela interroger le second témoin et identifier les pompiers
qui ont évacué Barry Jennings et Michael Hess. Une tâche qui n’a
rien d’insurmontable.
15. Affirmation par le réalisateur que le mystère de l’acier fondu
a été résolu (48:00). Interview de Jonathan Barnett (Fire Protection
Engineer) et de Sisson. « Le métal n’a pas été fondu. Il a été
érodé. La cause : des feux très chauds qui ont cuit l’acier pendant
des semaines.
Le souffre provient des quantités massives de plâtre des murs
qui a été pulvérisé et a brûlé dans les feux. Ce n’est pas un mystère
du
tout. » Cette affirmation péremptoire sur cet élément clé de
l’argumentation
(selon le NY Times, « peut-être le mystère le plus profond mise
au jour par l'enquête » ) est présentée en fin de reportage,
sans aucune
contrepartie et de façon superficielle.
A noter, encore une fois, le ton émotionnel utilisé : des feux
très chauds (mais encore ?), des quantités massives de plâtre,
pulvérisé,
pas du tout un mystère et l’absence de toute données quantitatives.
Pour rappel, la FEMA (Bureau fédéral de gestion des situations
d’urgence) indique dans son rapport d’avril 2002 : « Les preuves
d'une attaque
corrosive sévère à haute température de l'acier, y compris l'oxydation
et le sulfidation avec fonte inter-granulaire subséquente, était
aisément identifiable... La corrosion sévère et l'érosion subséquente
des échantillons
1 et 2 sont un événement très peu commun. Aucune explication
claire pour la source du soufre n'a été identifiée. »
Fig. 6. Large flasque d’une poutre en acier du WTC7 avec érosion
inhabituelle
16. Shyam Sunder, Inspecteur en chef du NIST (National
Institute of Standards and Technology, Wahsington) Narrateur: « En
l’absence d’acier du WTC7 à étudier, les inspecteurs ont réalisé
quatre modèles informatiques complexes, travaillés dans les moindres
détails. Ils sont confiants que leur approche apportera la réponse
». Shyam Sunder : « C’est un problème très complexe. Cela demande un
niveau de fidélité dans la modélisation et une rigueur dans l’analyse
qui n’ont jamais été faites précédemment ».
Ce passage est assez extraordinaire. Le réalisateur se laisse abuser
sur trois plans.
(a) D’abord, le réalisateur n’insiste plus sur le fait que l’acier
du WTC7 ait été entièrement éliminé, ce qui constitue une erreur
invraisemblable au niveau d’une enquête criminologique. Cette
contradiction est acceptée
comme telle, quasiment comme une trivialité mondaine. Il n’y a
aucune discussion sur le pourquoi du comment. En théorie, comme
il n’y avait
pas de victimes dans le WTC7 -- qui avait été entièrement évacué
peu après 8:45 – il n’y avait aucune raison d’évacuer aussi rapidement
les débris, comme cela a été fait pour les tours jumelles. Cette
question
constitue pourtant une excellente opportunité de travail d’investigation.
Cela n’a pas été fait.
(b) Le réalisateur se laisse abuser par le terme « complex computer
model ». Et pour faire bonne mesure, il y en a même quatre. Et
ils ont été travaillés dans les moindres détails. Le terme complexe
revient
d’ailleurs dans la bouche de Shyam Sunder. Tout cela donne à
l’observateur non averti un sentiment de confiance vis à vis de
quelque chose
qui désormais lui échappe. C’est complexe et c’est informatique.
Rappelons qu’un modèle n’est jamais qu’une représentation mathématique
d’un phénomène naturel sous forme d’une ou plusieurs équations
où interviennent des paramètres variables et des constantes.
Le but
d’un modèle est
de décrire un système et de prévoir son évolution en faisant
varier des paramètres. Un modèle n’est valide que s’il décrit
la réalité
avec suffisamment de précision et qu’il peut être contrôlé par
l’expérimentation, sans exclusives. S’il ne fonctionne que dans
un cas précis (dans
ce
cas le WTC-7), c’est un exercice de style qui n’est d’aucune
utilité. Une simulation numérique qui permet de prévoir tout
et son contraire
en changeant un des milliers de paramètres inconnus que l'on
doit introduire dans le calculateur ! Gageons que les modèles
construits
par le NIST
auront quelques difficultés à coller avec les incendies de la
centaine d’autres buildings à structure d’acier, pas plus qu’ils
ne s’appliqueront
aux expériences grandeur nature de Cardington en Angleterre.
(c) Les superlatifs utilisés par S. Sunder pour expliquer "l’extrême
complexité" du problème et la "rigueur sans précédents" nécessaire à la modélisation et à l’analyse font sourire et s’apparentent mieux
à un écran de fumée destiné à chasser les curieux. En d’autres
termes : tout cela est extrêmement complexe, nous sommes très
sérieux, et
nous avons analysé tout cela avec une rigueur sans précédents.
Sans commentaires.
17. « Le WTC7 était unique » dit le narrateur. « Il était construit
sur une station de métro et une sous-station électrique Il
n’y avait que certains endroits où les fondations atteignaient
le
sol et de
longues poutres ont été nécessaires pour répartir la charge
sur le côté Est.
». « Il y a eu de nombreux incendies. Et les pompiers n’ont
pas pu lutter contre le feu parce qu’ils n’avaient pas assez
d’eau
et qu’ils
se sont concentrés sur les opérations de secours aux victimes.
» C’est la suite logique de l’explication précédente. Aucun
building à structure
en acier en feu ne s’est jamais effondré à la vitesse de
la chute libre, mais le réalisateur essaie de faire passer l’idée,
sans
aucune
distance
critique, que le WTC7 était « unique » et qu’en en plus il
n’y avait pas assez d’eau.
Parmi la centaine de gratte-ciels à structure en acier ayant
subi des incendies importants, AUCUN ne s’est jamais effondré
complètement
sur
lui-même, de façon symétrique, selon une accélération proche
de celle de la pesanteur. Quand il y a effondrements, ceux-ci
sont
toujours
graduels et partiels, ralentis par les structures sous-jacentes
et ils n’engendrent JAMAIS la chute de l’ensemble de la structure.
AUCUN
effondrement d’un gratte-ciel à structure en acier en feu
n’a jamais présenté les caractéristiques d’une démolition
contrôlée
comme
observé dans le cas du WTC7.
Fig. 7. Exemples d’incendies de gratte-ciels à structure
d’acier (parmi une centaine d’autres) :
(a) New York, 1970, 50 étages feu de 6 h sur 5 étages
(b) Los Angeles, 1988, 62 étages, feu de 3,5 h sur 5 étages
(c) Philadelphie, 1991, 38 étages, feu de 18 h sur 8 étages
Ces deux arguments – bâtiment unique, manque d’eau – bien
que réels sont superficiels. Tout bâtiment est en soi « unique ». Et
on éteint mieux un incendie avec beaucoup d’eau qu’avec peu d’eau.
Mais c’est extrêmement court pour tenter de convaincre, envers et contre
tout, que le WTC7 puisse être le seul bâtiment à structure en acier
au monde à s’être jamais effondré sur lui-même selon une accélération
proche de la pesanteur (chute libre) du fait d’un incendie.
18. Shyam Sunder : « Our working hypothesis now actually suggests
that it was normal building fires that were growing and spreading
throughout
the multiple floors that may have caused the ultimate collapse of
the buildings.” Formule oratoire. M. Sunder parle d’une hypothèse
(de travail,
en cours) qui « suggère ». Des termes plus appropriés pour confirmer
de façon scientifique l’hypothèse du feu et donc rejeter catégoriquement
l’hypothèse
concurrente seraient « montre », « démontre » ou « prouve ». Mais
l’inspecteur en chef du NIST se garde bien d’utiliser une telle
terminologie.
19. “Hard solid evidence from other buildings” (WTC5 et WTC 6). Ce
témoignage est présenté comme un argument en faveur de l’effondrement
dû au feu. Il n’est pas crédible pour plusieurs raisons. Rien n’indique
que c’est bien le feu et non les débris du WTC1 et 2 qui ont provoqué
ces dommages. On ne parle que de sections d’acier effondrées et
non pas de l’ensemble de la structure comme pour le WTC7. Ces deux
bâtiments,
bien que fortement endommagés – ils sont plus près du WTC1 et 2
– sont bel et bien restés debout.
Fig. 8. Dégâts importants aux bâtiments WTC5 et WTC6, adjacents
au WTC1, mais sans commune mesure avec le WTC7. De plus, ils sont
toujours
debout.
20. Shyam Sunder : affirmation non documentée et en contradiction
complète avec l’expérience et les données historiques, selon laquelle
« pour des connections qui n’ont plus de résistance, cela ne prend
que peu de temps pour que la structure perde toute son intégrité ».
21. Mark Robert (54:00). Démystification des théories
de conspiration. « Il n’y a tout simplement pas d’indices. Le jeu consiste
a être
sélectif et à sélectionner des petites anomalies. Sans les connecter
de façon
cohérente. Il n’y a pas d’hypothèse cohérente. Comment s’intègre-t-il
au sein d’une théorie plus large ? » Cette interview est indigne
d’un reportage d’investigation. En à peine quelques phrases,
on y retrouve
trois techniques classiques de désinformation. D’abord celle d’une
dénégation en bloc. « There is simply no evidence ». Ensuite pour
faire bonne mesure, celle de diviser pour mieux régner, en essayant
de faire
passer le message qu’il s’agit d’une sélection de petites anomalies
éparses sans liens entre elles. Un parfait non sens au vu du travail
d’analyse scientifique en profondeur réalisé à ce jour par de nombreuses
organisations et chercheurs indépendants. Et enfin, le piège de
la solution complète : esquiver le problème en exigeant de l’opposant
qu’il fournisse une solution complète à la résolution
de la controverse. C’est une technique de désinformation classique
souvent utilisée dans les problématiques complexes. Elle est contraire
à l’esprit même de la démarche scientifique et de l’analyse cartésienne.
22. Richard Clarke : « Les gens qui croient aux théories de conspiration
ne comprennent pas les gouvernements. Le gouvernement n’a pas
la compétence pour mener une large conspiration comme celle-là.
Il ne
peut maintenir
le secret. Il n’y a presque rien dont je sois au courant (formule
oratoire passe-partout classique) qui n’ait pas été publiée dans
le New York
Times (courte allusion filmée au Watergate pour insister). »
Nous voilà, en guise de conclusion, subrepticement sortis de
débat technique par un des éteignoirs de la pensée critique par
excellence
: l’incompétence du gouvernement … dans son ensemble.
Le mouvement pour la vérité sur le 11 septembre n’évoque jamais
hypothèse d’une action globale du gouvernement, mais plutôt d’une
faction de
celui-ci. Embrasser l’idée d’une action globale conduit effectivement
à l’incrédulité. L’observateur se représente le gouvernement
et ses services dans son ensemble. Il n’a pas de peine à imaginer
la lourdeur
et l’inefficacité d’une telle machinerie et son incapacité à
gérer la complexité, et par extension le secret. Ce n’est effectivement
pas pour rien que des services secrets ou de petites cellules
spécialisées
existent et que ceux-ci sont compartimentés.
Se référer à la seule histoire du Watergate « révélée » par le
New York Times comme preuve que tout finit par se savoir aux
Etats-Unis
est également un signe d’une naïveté confondante.
Mais surtout, cette affirmation (« Les
gens qui croient aux théories de conspiration ne comprennent
pas les gouvernements ») est tout
simplement fausse. Lisez à ce sujet ce qu’en pensent plus
de 100 haut fonctionnaires
et parlementaires remettant en cause la thèse officielle.
23. Déclaration péremptoire de Richard Clarke : “Could one use
control demolition on any building ? Sure. Did it happen on
building 7 on
9/11. No, it did not.” Une telle dénégation de la part d’un
haut fonctionnaire
peut faire impression chez certains. Elle laisse de marbre
l’observateur averti.
24. Richard Clarke : minimisation du rôle éventuel des occupants
particuliers du WTC7. « Le WTC7 était un simple immeuble
de bureaux. Il y avait
des agences gouvernementales mais aussi de nombreux autres
occupants. » Personne n’a jamais prétendu le contraire.
Puisque cette phrase
est une non-information, quel est son but ?
25. Déclaration émotionnelle et « victimisante » de Palpita
(pompier) : « Cela me met en colère parce que j’étais
là. » en faisant
référence avec pathos aux nombreux amis qu’il a perdu.
De nouveau, et avec
tout le respect qui sied aux sentiments de cette personne,
il s’agit d’une
non-information. Ce commentaire tend à culpabiliser les
opposants à la thèse officielle en présentant ceux qui
la défendent
comme des victimes.
On se référera utilement aux déclarations publiques des
plus de 200 survivants et proches des victimes du 11
septembre qui remettent
les choses en place.
26. Commandant Daniel Nigro : « J’espère que la publication
du rapport final va clôturer ce pénible chapitre de
l’histoire de
l’Amérique.
Les conspirations sont toujours excitantes. Elles font
de grandes fictions. Mais lorsqu’on en vient à la vraie
vie,
il faut vivre
dans le monde
réel et voir les fictions comme des fictions. » Cette remarque terminale du commandant des pompiers
Nigro sert donc de conclusion à l’enquête du réalisateur
de
ce film pour
la BBC qui
visiblement y souscrit.
Elle se trompe lourdement. Les plus de 750 personnalités
de tous horizons (professeurs d’université, chercheurs,
ingénieurs, architectes,
hauts
fonctionnaires, militaires à la retraite, hommes
d’états, politiciens,
pilotes d’avions, professionnels de l’aviations,
survivants et proches des victimes, professionnels de médias et
du divertissement) qui
expriment publiquement leur indignation (voir : le
rapport de
plus de 400 pages
en 6 volumes disponibles sur www.vigli.org) ne sont
pas des adeptes de « conspirations excitantes » bon
marché.
Ce mouvement pour la vérité est d’une vigueur sans précédent. Il est mu par un
profond sentiment que trop c’est trop. Et qu’une prise de conscience
de ce qui s'apparente à la plus vaste manipulation jamais
organisée dans l'historie récente répond à une nécessité fondamentale
pour la justice,
la paix
et la défense des droits de l’homme.
Conclusion
Ce documentaire a l’incontestable mérite de porter à la connaissance
du public l’existence même de la controverse, à la fois sur le
11 septembre et sur l’un des éléments clés : l’effondrement du
WTC7.
De nombreux arguments factuels y sont développés, parfois de façon
confuse ou superficielle. Mais c’est un premier jet.
Là où le documentaire est nettement plus discutable, c’est au niveau
de sa structure, du manque de distance critique du réalisateur
face aux assertions des instances officielles, ainsi que des nombreux
aspects émotionnels qui jalonnent le documentaire et qui cherchent
à créditer
la thèse officielle.
La conclusion même du documentaire ne fait pas mystère du fait que
« tout le monde » espère qu’avec le rapport du NIST attendu sous
peu, on pourra enfin tourner la page. Voilà une bien naïve conclusion. Au final les données tant expérimentales qu’historiques. en faveur
d’une démolition par le feu font singulièrement défaut. La plupart
des arguments avancés sont basés sur des opinions personnelles plutôt
que sur des données factuelles.
Si l’on s’en tient aux éléments factuels du documentaire en laissant
de côté les aspects émotionnels, le nombre et la qualité des indices
en faveur d’une démolition contrôlée font nettement pencher la balance
en faveur de cette hypothèse. Des travaux d’investigation supplémentaires
sont évidemment nécessaires. C’est précisément ce que demande le
Mouvement pour la Vérité sur le 11 septembre par la ré-ouverture
d’une enquête
indépendante.
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