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L’analyse du géopoliticien Aymeric Chauprade sur la contestation
à la version officielle du 11 septembre 2001
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Aymeric Chauprade est docteur en science politique et en droit international de la Sorbonne, diplômé
de Sciences Po Paris. En outre il est diplômé en mathématiques, chargé
de cours à l'Université de Neuchâtel en Suisse (histoire des idées
politiques), conférencier en géopolitique au Collège Royal de l'enseignement
militaire supérieur du Royaume du Maroc, directeur du cours de géopolitique
au Collège interarmées de défense, directeur de la Revue française de géopolitique et directeur de plusieurs collections
aux éditions Ellipses. Souverainiste opposé à tous les impérialismes,
il est régulièrement questionné par la presse et la télévision pour
expliquer les grands événements internationaux. Il est l’auteur de
« Chronique du choc des civilisations » (décembre 2008), un ouvrage abondamment illustré dont 10 pages traitent de
« la version officielle contestée » du 11 septembre 2001 (pp. 14-24).
Voici quelques passages de ce résumé aux termes soigneusement pesés
(l’auteur est en effet chargé d’instruire l’élite militaire française,
et l’éditeur est réputé pour son sérieux). Sur Ben Laden
« (…) En 1996, Ben Laden déclare ouvertement la guerre aux Etats-Unis.
Le Soudan, qui essaie de redorer son blason auprès de l’Occident,
après avoir livré le terroriste Carlos aux Français, propose aux
Américains de leur livrer Ben Laden. Etrangement, et probablement
sous l’influence de la CIA, dont les connexions avec l’islamisme
radical restent ambiguës et qui n’entend sans doute pas voir la
justice américaine s’y intéresser de trop près, Washington décline
deux fois
de suite l’offre soudanaise ».
« La puissance financière de Ben Laden, des liens secrets
probablement conservés avec quelques membres de sa
nombreuse et riche famille
et les liens importants de cette dernière avec le complexe
pétrolier texan
(dont la famille Bush), ont contribué à alimenter la thèse d’une
conjuration islamo-américaine, voire islamo-américano-sioniste
après le 11 septembre
2001, thèse fondée sur l’idée de la convergence d’intérêts entre
des djihadistes soucieux d’accélérer le réveil du monde islamique,
des
Américains intéressés par le pétrole irakien, et des Israéliens
décidés à bouleverser les frontières du Moyen-Orient
»
Sur le 11-9, plus précisément
« Pourquoi les attaques du 11 septembre 2001 ont-elles constitué
une accélération foudroyante du choc des civilisations ? Parce
que le monde
s’est divisé entre ceux qui pensent qu’un formidable attentat
islamiste a déclenché une guerre contre l’Occident libéral et démocratique,
et ceux qui pensent qu’un machiavélique complot américano-israélien
a
été le point de départ d’une guerre américaine contre le reste
du monde. Une hypothèse qui ne manque pas d’arguments, à défaut
de
forcément
convaincre »
« D’abord, les associations des familles de victime qualifient
le texte officiel [rapport final de la commission nationale]
de « rapport
final
de l’omission ».
« Les théories qui remettent en cause la version officielle s’articulent
autour de trois sujets distincts : les attentats contre le World
Trade Center, l’attentat contre le Pentagone, l’ambiguïté du
renseignement israélien ».
WTC : des tours minées ?
« L’incendie (…) ne peut être responsable de l’effondrement
de bâtiments aux structures d’acier. Alors que le Meridian
Plazza
de Philadelphie,
en 1991, a brûlé dix-neuf heures sans s’effondrer, les tours
Sud et Nord se seraient respectivement écroulées au bout d’une
heure
et deux
heures d’incendie, ceci quand le Scientific American (octobre
2001) affirme que rien n’a jamais été construit d’aussi solide
que le
WTC. L’incendie n’a pas été si violent que le prétend la Commission
d’enquête,
puisque, selon la FEMA (…) le kérosène s’est volatilisé dans
l’explosion (…) Le test dit de Cardington atteste qu’un immeuble
d’acier résiste
à des températures très supérieures à celle de la combustion
du kérosène. Le Fire Engineering Magazine, référence dans la
science
du feu, soutient
qu’aucun bâtiment d’acier n’a jamais été détruit par le feu et
que l’enquête sur le WTC ne fut qu’une « farce grossière »
« Plus troublant encore est le mystère du bâtiment 7 (…)
brutalement désintégré à 17h30. Le « FEMA’s Report on
the collapse » reconnaît
prudemment que « les détails sur les incendies du bâtiment 7
et la façon dont ils ont provoqué l’effondrement sont inconnus
».
Mystère
qui débouche sur l’étrange M. Larry Silverstein, propriétaire
du WTC seulement depuis le 24 juillet 2001 et qui s’était employé
à remplacer
le personnel d’entretien et de sécurité (…) il avait demandé
aux
pompiers de « tirer » le bâtiment 7 (terme qui désigne une démolition
contrôlée)
Or, comment les pompiers de New York, lesquels ne disposaient
pas des personnels qualifiés dans le domaine de la démolition
contrôlée,
auraient-ils
pu placer en moins de sept heures les explosifs aux bons endroits
dans un bâtiment qui, selon la version officielle, brûlait, quand
on sait
qu’une implosion préparée demande au minimum deux semaines. Le
bâtiment 7 n’était-il pas le centre de contrôle qui aurait servi
à la démolition
de l’ensemble ? Quelques mois plus tôt,
le 23e étage avait été rénové dans le but d’en faire un centre de commande
des situations d’urgence pour la mairie de New York. Cet étage (…)
pouvait résister à des situations exceptionnelles (…) (et) offrait
une vue idéale sur l’ensemble des bâtiments du WTC. Dans Painful Questions,
Eric Hufschmid note que la trajectoire des deux avions semblait viser
le bâtiment 7, comme si celui-ci émettait un signal d’autoguidage ».
« La thèse des explosifs est illustrée par un autre fait
: une carte thermique des gravats du WTC fournie par
la NASA montre
que, cinq
jours après les attentats, la température à l’intérieur des
sous-sols du
bâtiment 7 et de la tour Sud (où la chaleur est restée piégée)
était encore supérieure à la température de fusion de l’acier.
Seuls des
explosifs comme le C4, qui porte la température à plus de 1600
°C peuvent expliquer la fusion des structures des sous-sols
des tours
». « Quant à l’école de pilotage de Venice (Floride), elle
est pointée du doigt pour ses liens historiques avec
la CIA ».
« Le matin du 11 septembre, plusieurs simulations militaires
pouvant servir de couverture aux attaques eurent lieu (sous
le contrôle
du NORAD, de l’US Air Force et de la CIA) : il s’agissait
de Northern Vigilance, exercice annuel de l’Air Force
simulant
une attaque
russe,
qui amena à déplacer les chasseurs patrouillant habituellement
dans le Nord-Est vers le Canada et l’Alaska, les exercices
Vigilant Warrior
et Vigilant Guardian, simulant des détournements d’avions
et l’injection de faux signaux d’avions sur les radars,
et l’opération
Northern
Guardian, qui aurait affaibli la capacité de réponse de la
base aérienne de Langley
». Le Pentagone
« Les terroristes, qui provoquèrent la mort de plus de
2500 personnes dans le WTC, auraient-ils été assez stupides
pour frapper la
seule partie vide d’un bâtiment, le Pentagone, où travaillent
habituellement
20 000 personnes ? L’aile touchée était en rénovation ; elle
devait voir ses murs et fenêtres renforcés face à une attaque
d’un missile
de croisière ou d’un drone… Pour frapper cette aile en venant
de la direction opposée, l’avion (si c’est le vol 11 77) a
dû opérer
un virage
de 270° »
« Lorsque la navette Columbia a explosé à 65 km au-dessus du
Texas en 2003, à la vitesse de 19 000 km/h, avec ses sept astronautes,
on a retrouvé des lambeaux humains et des débris de l’appareil
sur des
centaines de kilomètres. Comment expliquer l’absence de débris
significatifs et de morceaux de corps dans le cas du vol AA
77 ? (…) Où sont les
60 tonnes des moteurs, du fuselage, des sièges, des bagages
et bien sûr des passagers ?. Le drone Global Hawk ressemble
à un
petit
Boeing.
Il est silencieux, vole à 18 000 mètres d’altitude sans se
faire repérer par les radars (les aiguilleurs ne le verraient
donc
pas venir ; or
ils n’ont justement pas vu venir le vol AA 77) et son explosion
laisserait, du fait qu’il est composé pour moitié de fibres
de carbone et de
résine, seulement 2 tonnes de débris. Avec lui, la pelouse
du Pentagone ne
serait jonchée que de quelques morceaux d’aluminium peu épais,
et de fragments de moteur, à l’image de celui que l’on retrouve
sur
une photo
et qui est bien trop petit pour appartenir
à un 757. Officiellement, en décembre 2002, l’armée américaine
déplorait la perte de deux Global Hawk en opérations, sans
que l’on en connaisse
la cause (source : Christopher Bolen, reporter)».
Le renseignement israélien Le troisième volet de la « théorie du complot s’articule
autour des arrestations de citoyens israéliens par le FBI
juste après
le 11
septembre. Le très officiel mémorandum de la Commission nationale
sur les attaques
terroristes du 11 septembre (rapport de la Commission du renseignement
du Sénat américain), intitulé « La Surveillance israélienne
des futurs pirates de l’air et des suspects du FBI dans les
attaques
du 11 septembre
et son échec à donner aux Etats-Unis les avertissements nécessaires
: le besoin d’une enquête publique » (publié le 15 septembre
2004), rapporte de nombreux faits qui ne peuvent qu’alimenter
la polémique.
Que dit ce rapport du Sénat ? Des groupes israéliens (plus
de 125 personnes), sous couvert d’espionnage dans le cadre
de la
DEA américaine
(Drug
Enforcement Agency), suivaient sur le sol américain les activités
des islamistes. Ces « Israeli DEA Groups » se divisaient en
cellules (New
Jersey, Hollywood en Floride, etc.), toutes basées à proximité
des cellules islamistes. Leurs moyens lourds d’écoute (notamment
des
communications de mobiles) font croire aux auteurs du rapport
qu’ils disposaient très
certainement des détails précis de l’opération terroriste en
préparation. Le principal groupe israélien jouxtait à Hollywood
le centre de
commande des opérations terroristes (…) Le matin du 11 septembre,
juste après
le premier impact sur les tours jumelles, plusieurs membres
de la cellule israélienne du New Jersey, écoutés par le FBI,
se
seraient réjouis
au téléphone du succès de l’opération.
Le rapport souligne le décalage entre les avertissements vagues
donnés par les Israéliens aux Américains dans la deuxième moitié
d’août
2001 et la précision des informations dont disposaient certainement
les
groupes qui évoluaient sur le territoire américain et « tenaient
à la culotte » les groupes islamistes ; il s’interroge sur
le rôle de
la CIA qui semblait protéger ces groupes israéliens et sur
l’ambiguïté de la coopération du « renseignement extérieur
» avec le FBI,
lequel n’hésita pas à placer plusieurs de ces citoyens israéliens
incriminés
sur la liste des suspects du 11 septembre, au même titre que
les islamistes. Mais ces Israéliens ne resteront pas longtemps
aux
Etats-Unis. Sans
doute du fait des pressions de la CIA et de ses relations avec
le Mossad, ils seront expulsés libres, vers Israël et l’on
ne parlera plus de
l’affaire des espions israéliens du 11 septembre, encore moins
en
France d’ailleurs qu’aux Etats-Unis (…) A cela s’ajoute l’ensemble
des spéculations
financières étranges, remarquées par
la Commission des opérations de Bourse de New York (…) ». Opération sous faux drapeau ? « Si l’on fait la synthèse de ces trois volets, chacun
ébranlant fortement la thèse officielle, on voit alors
s’esquisser une
sorte de complot
– pas nécessairement à un niveau gouvernemental ou présidentiel,
mais associant obligatoirement des composantes du renseignement
américain et (ou) israélien – se superposer au complot islamiste.
Une conspiration
chargée de réussir un attentat « sous faux drapeau » de façon
à justifier des choix politiques américains forts. Al-Qaïda,
dont
la responsabilité
dans le 11 septembre proprement dit n’a jamais vraiment été
établie, ne serait dès lors que le réseau exécutant et le responsable
visible de cette conspiration. Des avions pilotés à distance
auraient été
téléguidés
sur des tours qui devaient s’effondrer sous l’effet de destructions
contrôlées à l’explosif, orchestrées à partir du centre de
contrôle
du bâtiment 7. Le vol AA 77 aurait atterri sur une base militaire
de l’Ohio où il aurait disparu avec ses passagers et il aurait
été remplacé
par un drone Global Hawk envoyé
sur l’aile en réfection du Pentagone (…) »
« Les événements tragiques du 11 septembre auraient alors
constitué le premier acte d’une sorte de coup d’Etat
invisible limitant
les libertés civiles (Patriot Act), et donnant des marges
de manœuvre
géopolitiques
considérables tant à l’Amérique (Asie centrale, Irak, Iran,
etc.) qu’à Israël (libéré des contraintes internationales
sur la Palestine
grâce
au spectre du terrorisme international), ainsi que des perspectives
économiques nouvelles au complexe militaro-industriel et
à l’industrie pétrolière des Etats-Unis ».
« Dans une Amérique hantée par le souvenir de l’assassinat
de Kennedy et par les ambiguïtés de l’attaque japonaise
de Pearl
Harbor, profondément
marquée par la culture du complot (ses thrillers multiplient
les scénarios de coup d’Etat invisible contre les vieilles
libertés américaines), et où la CIA a de lourds antécédents
en matière
d’opérations
« sous
faux drapeau », la thèse du complot intérieur est-elle
vraiment plus étonnante que la thèse officielle selon
laquelle des
gens peu expérimentés
et non rompus aux techniques du renseignement auraient
réussi une opération
aussi
extraordinaire ?
Reste toutefois, pour les tenants de la thèse officielle,
l’argument le plus fort : comment une telle conspiration
n’a-t-elle pas
pu être démasquée dans un pays où tant de contre-pouvoirs
peuvent jouer et
où tant d’hommes farouchement attachés à leurs libertés
sont prêts
à se dresser pour « tuer Liberty Valance », pour paraphraser
le titre de l’un des plus célèbres westerns de John Ford
? ». Références
Parmi les références citées, quelques titres de journaux
et de documentaires et quelques noms d’enquêteurs dans
le corps
du
texte, et, à la fin,
une courte liste de sites comprenant : www.complete911timeline.org
(« donne une chronologie critique du 11 septembre et propose
des milliers
d’articles et de reportages « enterrés» par les grands
médias » ), www.911Truth.org , www.scholarsfor9/11Truth.org (« rassemble
plus
de 200 experts et scientifiques »), www.reopen911.info (« présente de
nombreux articles et répertorie des vidéos, essentiellement
américaines » ), et les récents ouvrages de Meyssan (L’effroyable
imposture
+ Le Pentagate, 2007), Griffin (Le nouveau Pearl Harbor,
2006) et Tarpley
(La Terreur fabriquée, 2006).
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