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Al Qaïda n’existe plus selon un ex-chef de la DGSE

Selon Alain Chouet, ancien chef du service de sécurité de la Direction Générale de la Sécurité extérieure, Al Qaïda n’existe plus depuis 2002. Ce qui n’empêche pas le renseignement américain de placer l’organisation de Ben Laden en tête des menaces auxquelles doit faire face l’Amérique, et d’annoncer même avec "certitude" une prochaine attaque sur le sol américain dans les six mois à venir. Le choc de deux points de vue.

Par par Taïké Eilée (son site), le 12 février 2010. Article publié sur Agoravox

 
(Extrait 8 minutes - par Reopen911)

Intervention complète d'Alain Chouet (22 minutes - Site du Senat)

Alain Chouet, chef du Service de renseignement de sécurité à la DGSE de 2000 à 2002, intervenait le 29 janvier 2010 au Sénat, dans le cadre d’un colloque sur "le Moyen-Orient à l’heure du nucléaire". Il était invité, en compagnie de Jean-Pierre Filiu et François Heisbourg, à répondre à la question "Où en est Al Qaïda ?". Ses propos viennent mettre en pièces bon nombre d’idées reçues :

" Comme bon nombre de mes collègues professionnels à travers le monde, j’estime, sur la base d’informations sérieuses, d’informations recoupées, que la Qaïda est morte sur le plan opérationnel dans les trous à rats de Tora Bora en 2002. Les services secrets pakistanais ensuite se sont contentés, de 2003 à 2008, à nous en revendre les restes par appartements, contre quelques générosités et quelques indulgences diverses. Sur les quelque 400 membres actifs de l’organisation qui existait en 2001 (...), il en reste moins d’une cinquantaine, essentiellement des seconds couteaux, à l’exception de Ben Laden lui-même et de Ayman al-Zawahiri, mais qui n’ont aucune aptitude sur le plan opérationnel. Donc moins d’une cinquantaine ont pu s’échapper dans des zones reculées, dans des conditions de vie précaires, et avec des moyens de communication rustiques ou incertains. Ce n’est pas avec un tel dispositif qu’on peut animer à l’échelle planétaire un réseau coordonné de violence politique. D’ailleurs il apparaît clairement qu’aucun des terroristes post 11/9, qui ont agi à Londres, Madrid, Casablanca, Djerba, Charm-el-Cheikh, Bali, Bombay, etc., ou ailleurs, n’a eu de contact avec l’organisation. Et quant aux revendications plus ou moins décalées qui sont formulées de temps en temps par Ben Laden ou Ayman al-Zawahiri, à supposer d’ailleurs qu’on puisse réellement les authentifier, elles n’impliquent aucune liaison opérationnelle, organisationnelle, fonctionnelle entre ces terroristes et les vestiges de l’organisation."

Plus aucune action terroriste dans le monde ne serait donc imputable à Al Qaïda depuis huit ans ; l’organisation ne compterait plus que quelques dizaines d’individus ; et les revendications de Ben Laden au fil des ans ne seraient même pas sûres.

Le journal suisse Le Matin s’est justement ému de ce dernier point, le 25 janvier 2010, dans un article intitulé "Messages de Ben Laden : de l’info très intoxiquée" : "Depuis les attentats du 11 septembre 2001, une soixantaine de messages sont attribués à Oussama ben Laden et sa nébuleuse. Il peut y avoir des années sans aucun signe de vie (2005) et d’autres plus prolixes : sept en 2009, quatre en 2008, cinq en 2007 ou quatre en 2006. Pour la CIA, l’authenticité du premier message audio, justement publié par Al-Jazira le 12 novembre 2002, ne fait aucun doute. Une théorie mise à mal, deux semaines plus tard par les chercheurs de l’Idiap (Institut Dalle Molle d’intelligence artificielle perspective) de Martigny (VS). Avec les conditionnels de rigueur propres aux scientifiques, le message serait celui d’un imposteur. Leurs logiciels démasquent les imitateurs, tout aussi doués soient-ils. « Ils peuvent assez facilement berner l’être humain, mais c’est beaucoup plus difficile de tromper la machine », soulignait, en 2002, le Dr Samy Bengio."

Quant à la quasi disparition d’Al Qaïda, Eric Denécé l’avait déjà soutenue sur AgoraVox il y a un an ; interviewé en janvier 2009, l’ancien officier de renseignement, aujourd’hui directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement, m’avait indiqué : "Al-Qaïda a été quasiment réduite à néant. Il reste quelques centaines d’hommes. Quant à la structure centrale, qui est apparue à partir de 1989, elle a quasiment disparu. Hormis Ben Laden et Al-Zawahiri, tous les grands leaders ont été arrêtés".


Le Vice President des E.U. Joe Biden (centre), avec le Directeur de la CIA Leon Panetta (droite)
et le directeur du National Intellingence Dennis Blair (gauche). - Photo Reuters


Menace numéro 1

Aux Etats-Unis, en revanche, Al Qaïda n’a pas disparu. C’est à peine quelques jours après la mise au point d’Alain Chouet que Hillary Clinton déclarait qu’Al Qaïda demeurait la "menace principale" pour les Etats-Unis, devant l’Iran. La secrétaire d’Etat américaine ne faisait que reprendre l’analyse faite le 2 février, devant la Commission du renseignement du Sénat, par l’ensemble des représentants du renseignement américain. Dans la liste des menaces qu’ils ont alors dressée, Al Qaïda devance les programmes nucléaires iranien et nord-coréen, les cartels criminels, et l’éventualité d’une faillite économique dans les pays développés durement touchés par la récession.

Le Directeur du Renseignement national, Dennis Blair, interrogé par la présidente de la Commission sur la probabilité d’une tentative d’attaque terroriste aux Etats-Unis dans les six mois à venir, a répondu qu’elle était "certaine". Les quatre autres officiels interrogés de la même manière - Robert Mueller III, directeur du FBI, Leon Panetta, directeur de la CIA, et les officiers supérieurs du renseignement des Départements d’Etat et de la Défense - ont tous produit la même réponse (Washington Post du 3 février 2010, ou vidéo de l’audition). L’attaque pourrait survenir dans un délai de trois à six mois.

Un nouveau 11-Septembre improbable

Mais de quelle ampleur sera l’attaque ? Sur ce point, les avis divergent. "Al Qaïda maintient son intention d’attaquer le pays - de préférence avec une opération de grande envergure qui causerait de nombreuses victimes, nuirait à l’économie américaine, ou les deux", a déclaré Dennis Blair.

De son côté, Leon Panetta a considéré que l’attaque à venir d’Al Qaïda ne s’apparenterait probablement pas à "un nouveau 11-Septembre", mais serait bien plutôt une opération du style "lone wolf" (loup solitaire), nécessitant peu de moyens. A l’image de la tentative d’attentat du jeune Nigérian Omar Farouk Abdulmutallab, qui a voulu faire exploser un avion de ligne reliant Amsterdam et Detroit le 25 décembre dernier. Des agents "propres", ayant peu de contact avec le réseau terroriste, et de ce fait difficiles à pister, auraient déjà été envoyés sur le sol américain, selon le patron de la CIA, pour y porter des attaques de faible envergure. Al Qaïda tenterait aussi d’influencer des extrémistes isolés, natifs des Etats-Unis, pour les pousser à l’action.

Le vice-président Joe Biden a confirmé, jeudi 11 février, face à Larry King, l’appréciation de Panetta : une attaque majeure lui paraît improbable.

Le MI-5 britannique vient de fournir une indication sur le possible mode opératoire des futures attaques d’Al Qaïda ; l’organisation terroriste s’apprêterait à utiliser une arme révolutionnaire : des implants mammaires ! "Après les ceintures, vestes, slips, voire suppositoires piégés, les kamikazes d’Al-Qaida pourraient utiliser des implants mammaires truffés d’explosifs, s’inquiète le contre-espionnage britannique" (vidéo ici).

Six mois pour stopper Ben Laden

Selon Dennis Blair, Al Qaïda aura l’intention d’attaquer les Etats-Unis tant qu’Oussama Ben Laden et son lieutenant Ayman al-Zawahiri n’auront pas été "tués ou capturés". Il s’agit là, notons-le, d’un revirement complet dans l’analyse des risques. Souvenons-nous en effet de la déclaration, le 9 janvier 2005, d’AB "Buzzy" Krongard, ancien directeur exécutif et numéro 3 de la CIA (2001-2004) dans le London Times ; selon lui, il était préférable que Ben Laden demeure vivant et libre : "Car si quelque chose arrive à Ben Laden, vous pourriez trouver beaucoup de gens rivalisant pour sa position et voulant démontrer à quel point ils sont virils en déclenchant une vague de terreur." Le London Times notait d’ailleurs : "Plusieurs officiels américains ont reconnu en privé qu’il serait mieux de garder Ben Laden cloué à la frontière de l’Afghanistan et du Pakistan plutôt que d’en faire un martyr ou de le traduire en justice. Mais Krongard est la figure la plus haut placée qui reconnaît publiquement que sa capture pourrait s’avérer contre-productive."

Dans ce même article de 2005, Krongard déplorait l’existence de "centaines et centaines de cellules" d’Al Qaïda... à une époque donc où, selon l’ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE, Al Qaïda était déjà "morte sur le plan opérationnel".

Déconstruction d’un mythe

Le Français est peut-être plus rigoureux, qui ne travestit pas le nom d’Al Qaïda, pour lui faire désigner des réalités qu’il ne recouvre pas. Revenons, en effet, à l’analyse d’Alain Chouet (que je retranscris ici largement, pour ceux qui préfèrent la lire, plutôt que l’écouter). Elle nous permet de comprendre les dérives auxquelles mène un mauvais usage du terme Al Qaïda, décliné à toutes les sauces. Les médias sont d’ailleurs pointés par l’ancien de la DGSE pour leur colossale responsabilité :

" A force de l’invoquer à tout propos, et souvent hors de propos, dès qu’un acte de violence est commis par un musulman, ou quand un musulman se trouve au mauvais endroit et au mauvais moment, comme dans l’histoire de l’usine AZF à Toulouse, ou même quand il n’y a pas de musulmans du tout, comme les attaques à l’anthrax aux Etats-Unis, à force de l’invoquer en permanence, un certain nombre de médias réducteurs et quelques soi-disant experts de part et d’autre de l’Atlantique ont fini, non pas par la ressuciter, mais par la transformer en une espèce d’Amédée d’Eugène Ionesco, ce mort dont le cadavre ne cesse de grandir et d’occulter la réalité et dont on ne sait pas comment se débarrasser.

L’obstination incantatoire des Occidentaux à invoquer l’organisation mythique qu’on a qualifié d’hyper-terroriste, non pas par ce qu’elle a fait, mais parce qu’elle s’est attaquée à l’hyper-puissance, cette obstination incantatoire a eu très rapidement deux effets tout à fait pervers.

Le premier effet : tout contestataire violent dans le monde musulman, qu’il soit politique ou de droit commun, quelles que soient ses motivations, a vite compris qu’il devait se réclamer de la Qaïda, s’il voulait être pris au sérieux, s’il voulait entourer son action d’une légitimité reconnue par les autres, et s’il voulait donner à son action un retentissement international.

Parallèlement à ça, tous les régimes du monde musulman, et ils ne sont pas tous vertueux, nous le savons, ont bien compris qu’ils avaient tout intérêt à faire passer leurs opposants et leurs contestataires, quels qu’ils soient, pour des membres de l’organisation de Ben Laden, s’ils voulaient pouvoir les réprimer tranquillement, et même, si possible, avec l’assistance des Occidentaux.

D’où une prolifération de Qaïda plus ou moins désignées ou auto-proclamées au Pakistan, en Irak, au Yémen, en Somalie, au Maghreb, ailleurs, Al Qaïda dans la péninsule arabique, etc.

Principal résultat de cette dialectique imbécile, ça a évidemment été de renforcer le mythe d’une Qaïda omniprésente, tapie derrière chaque musulman, prête à l’instrumentaliser pour frapper l’Occident en général, les Etats-Unis bien sûr en particulier, au nom d’on ne sait pas trop quelle perversité."


Bourgeois frustrés

Derrière le mythe d’une Qaïda unifiée, qui fait office de "croque-mitaine", il y a la violence réelle, qui répond à des problématiques hétéroclites selon les zones où elle se déroule, et dont les motifs ne sont pas tant religieux que politiques : "Si la Qaïda n’existe pas, la violence politique islamiste existe, elle, bel et bien. Et l’Occident n’en est qu’une victime indirecte et collatérale. Les idéologues de la violence islamique ne sont pas des fous de Dieu, ce sont des gens qui ont des objectifs précis. Et leur objectif n’est pas d’islamiser le monde, c’est de prendre le pouvoir et les richesses qui y sont liées dans le monde musulman, sans que l’Occident intervienne."

Pour illustrer son propos, Alain Chouet braque son projecteur sur l’Arabie Saoudite, qu’il considère comme "l’épicentre de cette violence islamiste". Selon lui, elle "se trouve dans une situation un peu comparable à celle de la France du premier semestre 1789", avec sa bourgeoisie entrepreneuriale qui aspire au pouvoir, mais se trouve bloquée par une famille royale se réclamant d’un adoubement divin, et bénéficiant de la protection des Etats-Unis, en échange du monopole sur l’exploitation des hydrocarbures. Dans cette théocratie où le pluralisme est interdit, et où l’islam le plus fondamentaliste est imposé, les contestataires n’ont d’autre recours qu’un mélange de violence révolutionnaire et de surenchère fondamentaliste, exercé à l’encontre du pouvoir et de ses protecteurs extérieurs, sans lesquels celui-ci s’effondre. Ainsi retrouve-t-on parmi les activistes islamistes les plus violents un nombre significatifs d’enfants de cette bourgeoisie, privés de tout droit politique, mais pas de moyens financiers, ni même d’idées. Oussama Ben Laden fut l’un d’eux.

Abattre un moustique à la mitrailleuse

" On pourra toujours m’objecter, note Chouet, que puisque la violence jihadiste existe bien et qu’elle se développe à peu près partout suivant les mêmes schémas, peu importe qu’on l’appelle ou non Al Qaïda, qui serait alors l’appellation générique d’une certaine forme de violence intégriste mondialisée." Les Américains ne commettraient qu’une imprécision de langage sans conséquence en parlant à tout bout de champ d’Al Qaïda ? "Le problème, poursuit Chouet, c’est qu’une telle confusion sémantique est à l’origine de toutes les mauvaises réponses et exclut de facto toute solution adaptée au problème."

Citons longuement l’analyse de l’ancien membre de la DGSE, qui se suffit à elle-même :

" Il existe en effet deux façons de passer à la violence terroriste politique : ou bien on constitue un groupe politico-militaire organisé, hiérarchisé, avec un chef, une mission, des moyens, une tactique coordonnée, un agenda précis, des objectifs définis, ça revient à constituer une armée, avec des professionnels de la violence, et à s’engager dans un processus d’affrontement de type militaire. (...) Ou bien on a recours à la technique dite du "lone wolf", du loup solitaire, qui consiste, en gardant un pied dans la légalité, et en en posant un autre dans la transgression, à jouer idéologiquement sur une population sensible, pour inciter les éléments les plus fragiles, les plus motivés, à passer à l’acte de façon individuelle ou groupusculaire, en frappant où ils peuvent, quand ils peuvent, comme ils peuvent, peu importe, pourvu que l’acte porte la signature de la mouvance et s’inscrive dans sa stratégie générale. (...)

C’est à l’évidence suivant le second modèle que fonctionne la violence jihadiste exercée en direction de l’Occident et d’un certain nombre de régimes arabes. Et tous les services de sécurité et de renseignement savent pertinemment qu’on ne s’oppose pas à la technique du "lone wolf" par des moyens militaires, des divisions blindées ou par une inflation de mesures sécuritaires indifférenciées. On s’y oppose par des mesures ciblées, appuyées sur des initiatives politiques, sociales, économiques, éducatives et culturelles, qui visent à assécher le vivier des volontaires potentiels, en les coupant de leurs sponsors idéologiques et financiers. Non seulement rien de sérieux n’a été entrepris pour tenter d’enrayer le substrat financier, et encore moins le substrat idéologique de la violence djihadiste, mais en désignant la Qaïda comme l’ennemi permanent, contre lequel il faut mener une croisade par des voies militaires et sécuritaires totalement inadaptées à sa forme réelle, on a pris une mitrailleuse pour tuer un moustique.



Alors évidemment on a raté le moustique, mais les dégâts collatéraux sont patents, comme on peut le constater au quotidien en Irak, en Afghanistan, en Somalie, au Yémen. Et le premier effet de cette croisade ratée, ça a été d’alimenter le vivier des volontaires, de légitimer cette forme de violence, d’en faire le seul référentiel d’affirmation possible, dans un monde musulman dont l’imaginaire collectif est traumatisé maintenant par une loi universelle des suspects qui pèse sur lui, par des interventions et des occupations militaires massives, interminables et aveugles. Depuis neuf ans, l’Occident frappe sans grand discernement, en Irak, en Afghanistan, dans les zones tribales du Pakistan, en Somalie... en Palestine bien sûr, on se propose maintenant d’intervenir au Yémen, et pourquoi pas, pendant qu’on y est, en Iran. Mais aux yeux des musulmans, Ben Laden court toujours, au nez et à la barbe de la plus puissante armée du monde, et le régime islamiste d’Arabie Saoudite reste sous la protection absolue de l’Amérique.

Alors pour conclure : où en est Al Qaïda ? La Qaïda, elle est morte entre 2002 et 2004. Mais avant de mourir, elle a été engrossée par les erreurs stratégiques de l’Occident et les calculs peu avisés d’un certain nombre de régimes de pays musulmans. Et elle a fait des petits."

Reste à savoir, pour Alain Chouet, si nous ferons avec ces rejetons les mêmes erreurs, en alimentant un cycle indéfini de violence, ou si nous saurons enfin, avec nos partenaires arabes et musulmans, l’enrayer. Reste aussi à savoir s’il sera possible de vaincre les intérêts puissants et multiples à voir perdurer le mythe de la Qaïda, exploité avantageusement depuis 2001 tant par l’administration américaine que par nombre de régimes musulmans et d’activistes révolutionnaires.

à imprimer (3 pages)


 

 

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