Corbett
Report - 23/09/10
- Version française : 01/10/10
Par James Corbett
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Ceux qui ont étudié l’histoire savent qu’il n'y a rien de mieux pour
renforcer et revigorer un régime autoritaire qu’un acte de violence
spectaculaire,
des pertes de vies soudaines et dépourvues de sens qui permettent
à l’autocrate de se lever sur les cendres fumantes et de s’identifier
lui-même comme le héros.
C’est dans des moments pareils que le public, toujours sous le choc de l’horreur
de la tragédie qui vient de se produire sous ses yeux, peut-être conduit
vers le despotisme le plus impitoyable. Un despotisme qui est désormais
demandé comme couverture de sécurité.
Des actes de terreur et de violence ne bénéficient jamais
à la femme ou à l’homme moyen. Ils ne bénéficient jamais qu’à ceux
en position de pouvoir.
C’est la raison pour laquelle on dit que Néron
jouait de la lyre lors du grand incendie de Rome.
Cela lui donna l’occasion de jeter les chrétiens aux lions et de reconstruire
la capitale de l’empire
romain à sa propre image.
C’est la raison pour laquelle Hearst et les bellicistes
de l’empire américain émergeant ont été ravis de la destruction du
navire américain Maine dans le port de la Havane in 1898. Cela leur
a donné l’excuse dont ils avaient besoin pour gagner le soutien du
public à la guerre hispano-américaine.
C’est la raison pour laquelle Israël a attaqué le US Liberty en 1967 pendant la guerre des six-jours, le mitraillant et le torpillant
sans relâche pendant des heures, en essayant vainement de le couler.
Les Israéliens pensaient que la perte du Liberty pourrait être attribuée
à l’Egypte de façon à faire entrer en guerre les Etats-Unis.
C’est la raison pour laquelle il y a des centaines d’exemples
documentés de gouvernements mettant sur pied des attentats avec comme
objectif de faire porter le blâme sur leurs ennemis politiques.
Dans chaque civilisation, dans chaque culture, dans chaque
période historique, les partisans de l’autorité ont réalisé que des
actes spectaculaires de violence contribuent à renforcer leur propre
pouvoir et contrôle.
Et malheureusement au cours de l’histoire il n’y a eu
que trop de gens qui ont permis que des attentats puissent se produire,
de prétendre que des attentats se sont produits ou même d’attaquer
leur propre population dans le but de soutenir leur programme politique.
Penser qu’une telle provocation organisée ou que des attentats
sous fausse bannière ne se produisent plus serait aussi irréaliste
que de penser que la nature humaine elle-même a changé, que les puissants
ne cherchent plus à accroître leur pouvoir, que l’influence n’est jamais
utilisée pour la déception ou la manipulation, que des mensonges ne
sont plus proférés pour satisfaire l’avidité ou étancher sa soif de
contrôle. C’est croire que nos sociétés sont immunisées contre ce genre
de choses que nous avons vu dans toutes les sociétés, à toutes les
époques. En clair que c’est un leurre dangereux.
Les gens apprennent une fois de plus le pouvoir de ce
leurre, et à quel point on leur a menti. Ils étudient à nouveau leur
histoire.
Les Russes apprennent comment le FSB (ex-KGB) a été pris
en train de placer des bombes en 1999 au cours d’une période de menace
terroriste qui a permis la prise de pouvoir de Poutine et a poussé
le public à soutenir la deuxième guerre tchétchène. Ils apprennent
comment leur ex-président autocratique est arrivé au pouvoir en faisant
campagne sur les tombes de ceux que ses propres compères du FSB avaient
tué.
Les Israéliens apprennent combien de fois le Mossad a
été pris en train de causer le terrorisme même qu’ils prétendent vouloir
combattre. Ils apprennent comment les Israéliens utilisent le spectre
du terrorisme pour étendre leur chèque en blanc sur les fonds étasuniens,
pour étendre leur état policier chez eux, et maintenir leur ligne dure.
La sixième puissance nucléaire mondiale, supposément sous la menace
de ce qu’un de ses voisins puisse un jour obtenir une seule arme nucléaire.
Les Britanniques qui apprennent comment leurs officiers
des forces spéciales ont été capturés habillés en arabe en Irak, en
train de conduire un camion plein de munitions, tirant sur la police
pour provoquer des tensions ethniques et s’assurer qu’une base permanente
puisse être construite dans la région. Ils apprennent comment Haroun
Aswat, le cerveau présumé des attentats du 7/7 (2005) travaillait pour
le renseignement britannique. Ils apprennent comment le renseignement
britannique militaire a pris part à des attentats à la bombe de l’IRA.
Les Indiens apprennent comment les attentats de Mumbai ont été aidés par un agent US qui coopérait avec les enquêteurs de
façon à ce qu’il ne soit confronté à un interrogatoire par des autorités
étrangères.
Les Canadiens apprennent comment leur propre police de
prévention s’était habillée en manifestants en 2007 et avait engagé
des actes de violence envers d’autres forces de police de façon à permettre
la
répression de manifestants pacifiques.
Et les Etasuniens ? Les Etasuniens apprennent qu’il y a
eu de multiples bombes découvertes, démontées et extraites du bâtiment
Alfred P. Murray en avril 1995 (à Oklahoma City). Ils apprennent que
Timothy McVeigh avait écrit une lettre à sa sœur dans laquelle il prétendait
appartenir aux forces spéciales pour l’armée américaine. Ils apprennent
que l’attentat a été dirigé par des informateurs du FBI, exactement
comme l’explosion du World Trade Center en 1993.
Ils en apprennent à propos du 11 septembre, du golfe du
Tonkin (Vietnam), de l’opération Northwoords (Cuba) et des manuels
de leur propre armée de contre-insurrection qui enseignent aux officiers
la façon de commettre des attentats et de faire porter le blâme sur
leurs ennemis.
En bref les gens sont en train d’apprendre la vérité.
Et maintenant nous voyons la même montée en puissance
d’un événement sous fausse bannière tel que nous l’avons vu en 1995.
A cette époque les Etats-Unis avaient des médias commerciaux qui s’activaient
à jeter de la boue à quiconque se montrait préoccupé par les actions
du gouvernement et nous avions un gouvernement qui était désespérément
impopulaire.
Aujourd’hui nous voyons exactement les mêmes facteurs
à l’œuvre.
Si il y a quelque chose de pire aujourd’hui que ce qui
a conduit aux attentats d’Oklahoma, du fait de la consolidation des
médias, avec comme corollaire que des groupes de citoyens actifs comme
les « Gardiens du Serment » se font attaquer par des subalternes sous
contrôle aussi bien de gauche que de droite.
Et maintenant, ce ne sont plus seulement les milices qui
sont diabolisées par l’Establishment . Ce sont les vétérans et les
détenteurs d’armes, les militants d’un troisième parti et les libertaires,
les manifestants anti-guerre, les activistes des droits de l’homme,
des gens qui sont outrés par le gouvernement qui donne des billions
aux banques, ceux-là même qui ont élaboré notre crise financière actuelle.
En bref, tout un chacun est maintenant un terroriste
potentiel selon les agences gouvernementales, nos agences médiatiques,
qui estiment justifié de limiter notre domaine d’opinions acceptables
et de contrôler la dissidence.
Même le terme terrorisme signifie plus qu’il ne le faisait
en 1995. Après l’attentat sous fausse bannière de 2001, le passage
du Patriot Act et le croque-mitaine Al CIA ont fourni à la NSA l’opportunité
d’annoncer qu’ils récoltaient les courriels et les communications téléphoniques
de tout un chacun. Après que l’ex-secrétaire de presse de la Maison
Blanche ait reconnu que l’administration Bush avait organisé des menaces
terroristes pour faire peur aux gens et les conduire à soutenir le
gouvernement.
Maintenant nous savons quelle est la réelle définition
du terrorisme. Ce sont des gouvernements qui font peur à leurs propres
populations pour qu’elles se tiennent bien dans la file.
Mais il a quelque chose d’autre qui est différent aujourd’hui
par rapport à 1995. Les gens apprennent quelque chose d’autre à propos
du terrorisme. Ils ne sont pas des terroristes lorsqu’ils s’opposent
par la parole à leur gouvernement. Ils ne sont pas des terroristes
pour vouloir que leur gouvernement arrête d’envoyer leurs enfants dans
la servitude pour payer aux banquiers leurs bonus. Ils ne sont pas
des terroristes pour mettre en évidence que le FBI, et la CIA, et le
Mossad, et le MI6 se trouvent derrière tous les évènements majeurs
de terrorisme international. Les gens ne sont pas des terroristes parce
qu’ils ne souhaitent pas voir plus de morts. Ils ne veulent pas davantage
de destructions. L’effusion de sang de leurs concitoyens n’est pas
de leur intérêt. La mort et la destruction ne servent jamais que les
intérêts gouvernementaux, financiers et industriels qui accroissent
toujours leurs richesses et leur pouvoir à l’occasion de chaque tragédie.
A chaque fois les gens paient de leur vie, et les gouvernements,
et les banques et les machines de guerre ne font que grandir et prospérer.
Les gens de veulent pas de terrorisme parce que cela ne leur apporte
aucun avantage. Cela ne bénéficie que les structures de pouvoir existantes.
Et cette fois, s’il y a un nouvel évènement organisé à
blâmer sur l’ennemi gouvernemental du jour, les gens sauront ceux qu’il
faut blâmer.
Pour le Corbett Report, à l’ouest du Japon, ici James
Corbett.